Araucaria bidwillii : culture du bunya-bunya

Araucaria bidwillii est un conifère de la famille des Araucariacées. Il s’agit d’une proche parent d’Araucaria araucana, le célèbre désespoir des singes. Cet arbre est endémique de l’est de l’Australie et est un candidat pour l’acclimatation dans les jardins abrités. Localement, les aborigènes le connaissent sous le nom de bunya-bunya. On pourrait le nommer en français le pin de Bidwill. Mais il est beaucoup moins connus par les jardiniers de Provence.

Aspect du bunya-bunya

Dans la nature, ce conifère peut atteindre une très grande taille. On connait des arbres qui s’approchent de cinquante mètres de hauteur. Dans les jardins de la Côte d’Azur, quelques grands sujets dépassent les 20 mètres de hauteur. Mais il faut donner du temps à ces plantes qui peuvent vivre très longtemps.

L’Araucaria bidwillii est une plante de croissance lente. Il faut compter une vingtaine d’années pour obtenir un petit arbre de plus de cinq mètres, comme c’est le cas avec le sujet du Jardin zoologique à La Londe-les-Maures. L’exemplaire du Domaine du Rayol est beaucoup plus grand et il a connu la seconde guerre mondiale. Il parait qu’il aurait perdu le sommet de son tronc à cause d’un tir d’obus. Le Jardin de la Villa Thuret à Antibes est aussi un endroit où admirer un spécimen centenaire.

Le feuillage d’Araucaria bidwillii est persistant. Les feuilles sont coriaces et pointues. Il n’est pas agréable de manipuler les branchages. Heureusement, aucune taille n’est nécessaire, sauf si l’on doit supprimer des branches mortes.

Espèce dioïque, les arbres matures produisent de grands cônes qui contiennent les graines. Ces cônes en forme d’ananas sont aussi très lourds – jusqu’à 8 kilogrammes – et donc dangereux lorsqu’ils chutent. Il faut planter le bunya-bunya à distance des lieux de passage, comme les chemins et les routes. En Australie, on lui donne parfois le surnom de faiseur de veuves, tout comme certains eucalyptus.

Comment cultiver Araucaria bidwillii ?

Araucaria bidwillii n’est pas une plante difficile à cultiver. Comme souvent, une surveillance et des arrosages estivaux donnent plus de chances aux jeunes plantes pour s’implanter.

Exposition au soleil

Cette plante de grand développement préfère les expositions ensoleillées pour pousser rapidement. Mais il est aussi possible de la plante à mi-ombre pour profiter de la protection d’arbres plus grands. durant ses premières années.

Qualité du sol et irrigation

La terre doit être drainante, car cet arbre ne supporte pas l’eau stagnante au niveau de son système racinaire. À la plantation, le jardinier ajoutera du terreau bien décomposé au mélange terreux. Le sol peut être légèrement calcaire, bien que la plante préfère des substrats acides, comme ceux qui se forment au dessus du schiste du massif des Maures.

Les arrosages se feront une à deux fois par semaine les deux premières années. Les plantes bien enracinées peuvent survivre sans irrigation.

Rusticité d’Araucaria bidwillii

Araucaria bidwillii est suffisamment résistant au froid pour être cultivé dans les jardins les plus abrités du littoral méditerranéen. En Provence, la culture est possible entre Bandol et la frontière italienne. C’est surtout dans la région de Nice et de Menton que l’on trouve des microclimats suffisamment doux pour permettre la survie sur le long terme de ces arbres. On peut donc espérer le garder si le température n’atteint pas les -10°C.

Si votre climat est trop froid en hiver pour cultiver Araucaria bidwillii, mieux vaut vous reporter vers une autre espèce de sa famille. Araucaria araucana est résistant aux fortes gelées. On retrouve ce conifère du Chili cultivé dans des jardins de l’ouest de la France jusqu’aux Pays-Bas et en passant par les îles britanniques. Par contre, il n’est pas toujours à son aise avec nos étés chauds. On retrouve quand même un exemplaire dans le Jardin Olbius Riquier à Hyères-les-Palmiers.

Moins rustique, mais probablement assez résistant au froid pour être cultivé dans les secteurs les plus protégés de l’arrière pays, citons Araucaria angustifolia, natif du sud du Brésil, du Paraguay et du nord de l’Argentine. Cette espèce d’Amérique du Sud peut résister à -10°C et probablement à une température plus basse. On retrouve un Araucaria angustifolia de belle taille planté en extérieur au Jardin botanique de la Tête d’Or à Lyon.

Le pin de Wollemi – Wollemia nobilis – est aussi une espèce de la famille des Araucariacées. Il a été introduit récemment en Europe et peu de jardiniers le cultive. Mais les premiers essais montrent qu’il peut résister à des températures proches de -10°C, si les gelées sont de courte durée.

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