Arundo donax : plantation, entretien et multiplication

Arundo donax est le nom scientifique donné à la canne de Provence. Cette graminée géante – originaire du bassin méditerranéen et d’Asie – est spontanée dans le sud-est de la France. Mais il s’agit d’une espèce cultivée de part le monde, car elle est suffisamment robuste pour survivre sous divers climat et il existe un cultivar ornemental aux feuilles panachées.

Plantation d’Arundo donax

Arundo donax est une plante robuste et de culture très facile. Dans son habitat naturel, la canne de Provence survit à des conditions difficiles : vent, sécheresse, submersion, eau saumâtre,… Dans un jardin, on lui offrira une exposition ensoleillée et un sol drainant. Il faudra aussi prévoir assez le place pour qu’un petit bosquet se développe. Un emplacement de 2 mètres sur mètres est le minimum. En hauteur, la canne de Provence pourra atteindre cinq mètres, parfois davantage.

Seul le froid hivernal limite son adoption par les jardiniers. Ainsi la canne de Provence ne convient pas dans les régions où les froids sont prolongées. Mais une gelée de -10°C suivi par un redoux ne pose pas de problème à la canne de Provence. Les rhizomes peuvent supporter jusqu’à -15°C et assurer la survie de la plante dans les jardins de l’ouest de la France et jusqu’en région parisienne.

Arundo donax
Bosquet de canne de Provence (Arundo donax). Photo d’Harry Rose (Flickr)

Dans son habitat naturel, la canne de Provence se retrouve à proximité des zones marécageuses et sur les berges des ruisseaux, rivières et fleuves. Elle forme de peuplement denses que l’on nomme des roselières ou canniers

Mais cette plante n’est pas une plante aquatique et ses racines ne supportent pas l’immersion prolongée. Arundo donax est capable de survivre à divers type de sol. Ses rhizomes jouent un rôle important en luttant contre l’érosion et le ravinement.

Revers de sa rusticité exceptionnelle, la canne de Provence est aussi une espèce envahissante et dans certaines régions où elle n’est pas indigène, elle se comporte comme une peste végétale en entrant en compétition avec les espèces de la flore locale. L’UICN désigne la canne de Provence comme l’une des cent espèces invasives les plus nuisibles !

Ainsi, Arundo donax pose problème en Californie et à Hawaii. Il est interdit de la cultiver et d’introduire aux Îles Canaries. La canne de Provence est aussi un fléau en Nouvelle-Calédonie, où sa culture, sa multiplication et son usage sont interdits.

Multiplication de la canne de Provence

La canne de Provence se propage par semis, mais surtout par la division de ses racines, de la même manière que les bambous. Un fragment comportant quelques bourgeons permet de reconstituer un bosquet, après quelques années.

Il est aussi possible de prélever une section d’un chaume – comptant plusieurs noeuds – et de les faire raciner dans de l’eau. Une fois les premières racines produites, on place la bouture en pot pour qu’elle forme une plante vigoureuse. Elle pourra ensuite rejoindre le jardin.

Entretien et taille de la canne de Provence

La canne de Provence est une plante facile à cultiver. Il faudra toutefois limiter son développement pour ne pas transformer une partie de son jardin en roselière. La coupe des jeunes pousses permet de limiter l’extension des plantes.

Malheureusement, les tiges se dessèchent en hiver. C’est un phénomène normal, car cette plante est caduque. Par contre, l’aspect est quelque peu disgracieux.

Pour que la canne de Provence garde un aspect ornemental, il est nécessaire de couper les tiges – que l’on nomme des chaumes – après leur floraison. On peut rabattre toutes les tiges desséchées en hiver, avant que les nouvelles pousses n’émergent du sol.

Autres usages d’Arundo donax

Dans le sud-est de la France, la canne de Provence est cultivé pour produire les anches des clarinettes et saxophones. Les chaumes d’Arundo donax sont connus pour donner les meilleures anches du monde. Et la plupart sont produites à partir des roselières varoises et notamment de la région de Hyères-les-Palmiers.

La canne de Provence démontre un potentiel important comme productrice de bio-énergie. En situation expérimentale, pas moins de 35 tonnes de matières sèches ont été produite par hectare et par année. La canne de Provence pourrait permettre de produire de l’énergie en transformant en roselières des zones impropres à de nombreuses cultures.

Enfin, la canne de Provence est apprécié comme brise-vent. Dans un région où le mistral pose souvent problème aux cultures. Des haies gardées en roselières permettent de protéger des cultures du froid et des dégâts mécaniques liés aux bourrasques.

Pour en apprendre davantage

Pour en savoir davantage sur la canne de Provence et les utilisations qui en sont faites, consultez cette page de l’Ecomusée de la Vallée du Gapeau.

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