Comment faire pousser un avocatier dans son jardin ?

L’avocatier est un arbre fruitier qui donne l’avocat. Originaire des régions chaudes du continent américain, il est parfois cultivé dans les jardins les mieux exposés de la côté méditerranéenne. Bien qu’il soot assez frileux, il est possible de cultiver en extérieur un avocatier dans d’autres zones de l’hexagone et même d’obtenir des fruits. Cet article vous présente Persea americana – nom latin de l’avocatier – et comment le cultiver en pleine terre. Bonne lecture.

Qu’est ce qu’un avocatier ?

L’avocatier est un arbre fruitier qui appartient à la famille des Lauracées. Son nom scientifique est Persea americana. Dans des conditions optimale, son feuillage est persistant et il peut atteindre une quinzaine de mètres de haut, parfois davantage. Mais que l’on peut maintenir à une taille inférieur pour en faciliter la culture.

Quelles sont les variétés de Persea americana ?

Persea americana se retrouve naturellement sur un vaste territoire en Amérique Centrale et sur les Caraïbes. Il est cultivé depuis plusieurs milliers d’années par les population amérindiennes. De nombreuses variétés et cultivars sont connus. On lit souvent qu’il existe 200 variétés. Parfois ce nombre s’élève à 500. Un voyageur au Mexique indique que chaque localité possède ses propres variétés, que l’on retrouve nulle part ailleurs.

Cette variabilité au sein d’une même espèce s’exprime par des fruits à la forme, à la couleur et au goût différents. La résistance au froid et notamment aux températures négatives change aussi d’une variété à une autre.

La culture de l’avocatier s’est maintenant répandue dans de nombreuses régions chaudes du monde. Comme en Floride, en Californie, dans le sud de l’Espagne ou en Israël. Le premier producteur d’avocats reste le Mexique avec un tiers de la production mondiale.

Les variétés du Mexique

Les variétés mexicaines (P. americana var. drymifolia) sont les plus résistantes au froid et pour certaines peuvent survivre à -5°C : Fuerte, Zutano,… Citons des variétés qui peuvent survivre jusqu’à -7°C la variété Mexicola Grande et la variété Brogdon.

Il n’est pas toujours facile d’identifier les variétés. Chez les variétés mexicaines les feuilles froissées dégagent une légère odeur d’anis ou de fenouil. Les fruits ont un épiderme fin et peut être consommé.

Les variétés du Guatemala

Les variétés du Guatemala (Persea americana varnubigena), comme Reed et Hass, sont moins rustiques que les provenance du Mexique. Les gelées inférieures à -2°C causent les premiers dégâts sur les feuilles. Mais l’on peut tenir les plantes jusqu’à -5°C.

Les variétés guatémaltèques sont aussi moins résistantes aux fortes chaleurs que leurs parents mexicains. Dans leur région d’origine, ces avocatiers poussent naturellement dans les forêts tropicales d’altitude (entre 1500 et 2800 mètres) où les températures sont toujours douces et stables. Cette sensibilité aux fortes chaleurs peut présenter un problème pour l’acclimatation en Provence.

En Corse, la variété Hass est la plus cultivée par les arboriculteurs.

Les variétés des Caraïbes

Enfin, les variétés des Caraïbes (P. americana var. americana) sont connues pour être les plus sensibles au gel. On ne pourra pas les cultiver en pleine terre sous nos climats, sauf dans quelques enclaves les plus abrités, comme dans la région de Menton.

Les hybrides entre groupes

Des hybrides entre variétés mexicaine et guatémaltèques expriment les caractéristiques des deux parents. La résistance au froid et la fructification tardive et prolongée. L’un des hybrides les plus connus est Winter Mexican.

Faire germer une graine ou acheter une plante ?

Il est possible de faire germer un noyau d’avocat. Mais dans ce cas, on a peu de chance d’obtenir les caractéristiques du fruit dont il est tiré. De ma même manière que les pommiers ou les agrumes, seule la multiplication végétatives permet de conserver les caractéristiques.

Une plante issue d’une graine mettra plus d’une dizaine d’années avant de fructifier une première fois. Une plante greffée pourra fructifier un peu plus tôt.

Si vous souhaitez obtenir des avocats de qualité gustative supérieure, il est indispensable d’acheter un avocatier d’origine connue. Il n’est pas toujours facile d’obtenir une variété greffée rustiques. Mais les forums et groupes de passionnés peuvent vous donner les adresses du moment.

Où planter un avocatier ?

Climat de la localité

L’acclimatation réussie d’un avocatier dépend de plusieurs facteurs. Tout d’abord le choix de la variété (consultez ce rapport sur l’acclimatation des avocatiers en Corse). Puis le climat du jardin est le premier critère.

Dans le sud-est de la France, les zones les plus favorables à la culture de Persea americana sont les localités proches du littoral et les hauteurs qui font face à la mer. Les stations balnéaires des Alpes-Maritimes sont favorisé. Mais on retrouve aussi quelques arbres comme à Mèze dans l’Hérault et même en centre-ville de Nîmes. Les régions littorales de Corse sont aussi adapté à cette culture.

Notons que l’on trouve aussi des avocatiers sur la façade atlantique et plus particulièrement en Bretagne. Cette dernière région est favorable à la culture de nombreuses espèces subtropicales. Les villes du bord de l’Atlantique – comme Bordeaux et Nantes – comptent aussi des exemplaires de grandes tailles.

Vous serez sans doute surpris d’apprendre qu’un magnifique avocatier pousse à Londres, en Angleterre. Et il fructifie même, prouvant que la chaleur n’est pas nécessaire pour obtenir des avocats.

Un avocatier à Londres

Microclimat du jardin

Le microclimat du site de plantation a également son importance, notamment dans les zones plus froides en hiver. Il faut alors installer le futur arbre fruitier à un endroit protégé des vents froids en hiver. En Provence, c’est le Mistral qui nous posera problème.

Persea americana appréciera d’être installé à proximité d’un mur ou d’une habitation qui le protègera du vent froid.

Site de plantation

L’avocatier a besoin d’un sol drainant et profond. Dans un sol constamment humide en hiver, les plantes sont susceptibles de développer des maladies de leur système racinaire. Si votre sol est trop argileux, il faudra constituer une butte de terre pour planter son avocatier.

L’avocatier apprécie les sols légèrement acides, comme c’est le cas dans les Maures et l’Estérel. Sur sol calcaire, un amendement soufré permet de diminuer sensiblement le pH.

Cet arbre a besoin d’une forte luminosité pour produire des fruits en quantité. Il faut donc le cultiver en plein soleil et l’exposer au sud. Planté au nord ou à l’ombre, la fructification est compromise. De plus, ces expositions sont plus froides en hiver et le sol y est plus humide.

Comment bien entretenir cet arbre ?

Protéger du froid les jeunes arbres

Durant ses premières années, l’avocatier n’a pas acquis sa résistance maximale au gel. Il faut donc protéger les arbrisseaux avec un voile d’hivernage.

Arroser l’avocatier avec parcimonie

L’avocatier doit être arrosé durant l’été. Il est préférable de faire des apports importants en eau, puis d’attendre que le sol sèche superficiellement avant d’irriguer de nouveau. Les feuilles qui retombent vers le sol est le signal que l’on peut arroser de nouveau.

Attention, un sol constamment humide favorise le développement les champignons pathogènes (Phytophthora) et par la suite l’atteinte de système racinaire de la plante. Mieux vaut arroser rarement que trop souvent. Un arbre dont les feuilles jaunissent est peut être trop arrosé.

Protéger le tronc des coups de soleil

Un arbre peut perdre une partie de son feuillage – parfois toutes ses feuilles – au cours d’un hiver froid. Il faut alors attendre le retour des beaux jours pour que les branches se couvrent de nouveau de feuilles. Si le troncs n’est plus protégé du soleil par l’absence des feuilles, il est indiqué de passer une couche de blanc d’Espagne. On évitera l’apparition de brûlures.

Mulcher le sol tout autour de l’avocatier

La fertilité sera entretenue par le paillage annuel tout autour de l’arbre, sur un rayon de deux mètres. On peut utiliser de la paille, du foin ou du BRF en fonction de la disponibilité de ces matériaux. Cette couche protectrice isole les racines du froid et stimule l’activité biologique du sol.

Comment obtenir une bonne récolte d’avocat ?

Un seul avocatier peut se polliniser seul. Mais pour obtenir une quantité plus importante de fruits, il est nécessaire que diverses variétés soient cultivées les unes à côté des autres. La pollinisation se fait par les insectes, comme les abeilles. Mais il est aussi possible de la réaliser manuellement.

Une fleurs portent des organes mâles et des organes femelles. Mais la maturité n’intervient pas au même moment. Le groupe A – dit protogyne – a le pistil réceptif avant la libération du pollen par les étamines. Chez le groupe B – dit protandre – c’est l’inverse.

Pour obtenir une meilleurs fécondation des fleurs, il est indiqué de planter à proximité au moins un avocatier du groupe A, par exemple la variété Hass, et un avocatier appartenant au groupe B, telle que la variété Fuerte ou Bacon.

Quelques cultivars produisent une quantité des fruits une année sur deux. C’est le cas de la variété Hass. Il est tout à fait normal d’observer une alternance entre saison de bonne production et saison de moindre production.

Notez que la fructification peut s’étaler plus ou moins longtemps sur l’année. La variété Fuerte donne des fruits durant l’été. Alors que d’autres produisent plus longtemps.

L’avocat est un fruit aux propriétés nutritives intéressantes. Mais il est toxique pour de nombreux animaux. Il contient de la persine, un acide gras. Les oiseaux sont particulièrement sensibles à ce composé.

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