Jardiner malgré le mistral

Jardiner malgré le mistral est une compétence que l’on doit acquérir si l’on a pour projet de créer ou de restaurer un jardin en Provence. Ce vent apporte une clarté remarquable au ciel provençal, mais il met à rude épreuve les plantes, tout au long de l’année.

Lorsqu’il souffle sans interruption plus de trois jours de suite, les plantations les plus récentes sont en danger. Le jardinier doit veiller et intervenir rapidement.

Le soleil est indispensable aux plantes

Le midi de la France est souvent idéalisé par tous. Il est vrai que l’ensoleillement peut atteindre et dépasser les 3000 heures de soleil, comme c’est le cas à Toulon, dans le Var. Ce qui permet de cultiver de nombreuses espèces végétales, aussi bien ornementales, fruitières que maraîchères.

Le Mistral est un vent fort qui souffle depuis le nord ou le nord-ouest. Son action nettoie littéralement le ciel des nuages. C’est grâce à lui que le soleil est présent tout au long de l’année et que la Provence évoque la lumière et la chaleur.

Les rayons lumineux sont indispensables pour les plantes. Ces radiations permettent la photosynthèse. C’est-à-dire la production de matière organique à partir de gaz carbonique et d’eau. La photosynthèse produit aussi de l’oxygène que les plantes libèrent dans l’atmosphère.

De nombreuses plantes ont besoin d’un ensoleillement important pour croitre et produire de forts rendements.

Le Mistral peut tuer les plantes

Dégât mécanique du Mistral

Le Mistral souffle souvent à 50/60 kilomètres par heure. Mais les rafales peuvent atteindre et dépasser les 100 kilomètres par heure. Ces bourrasques durent plusieurs jours et sont souvent à l’origine de dégâts sur les plantations : feuilles déchirées, branches cassées, arbres déracinés,…

Une plante meurtrie par le Mistral aura beaucoup plus de mal à pousser et sera souvent d’aspect inesthétique. Les cassures sont aussi des voies d’entrées pour les parasites qui risquent de menacer la santé de la plante.

Déshydratation par le vent

Le Mistral est un vent qui est très sec. Il provoque la déshydratation des plantes. Et celles qui ne sont pas adaptée à ce stress hydrique peuvent de flétrir et mourrir.

Il n’est pas rare que deux ou trois jours de Mistral tuent des arbustes plantées depuis plusieurs mois. On doit donc être vigilant est arroser les nouvelles plantations avant, pendant et après l’épisode venteux.

Les fougères arborescences comme Dicksonia antarctica sont particulièrement sensibles à l’action desséchante du Mistral. Si on ne peut leur trouver un endroit totalement abrité des coups de vent, mieux vaut se tourner vers d’autres plantes d’aspect similaire, comme les palmiers ou des cycas.

Refroidissement éolien

Le vent accélère les dégâts du froid. Il faut perdre les calories aux plantes qui sont directement exposées. Celles-ci atteignent plus rapidement les limites de leur résistance au gel.

Si l’on souhaite cultiver des espèces subtropicales – souvent peu résistantes au gel – il est important de planter les exemplaires à un endroit où le Mistral n’est pas trop fort. Si votre jardin n’est pas bien exposé, vous aurez un véritable problème à traiter.

Comment protéger son jardin du Mistral ?

Planter des haies

L’usage de plantes indigènes pour constituer une haie brise-vent est indiquée pour tous les jardins. En freinant la vitesse du vent, les haies permettent de créer un microclimat propice à la culture des plantes sensibles, mais aussi agréable pour les personnes qui fréquentent les lieux.

Pour qu’une haie soit efficace, il faut que les plantes soient suffisamment haute pour réduire la vitesse du vent sur une distance correspondante à la largeur de son jardin. On estime que la zone d’abri ainsi créée s’étend à une distance six fois plus importante que la hauteur de la haie. Ainsi pour couvrir 30 mètres, il faut des arbres et des arbustes qui vont monter jusqu’à cinq mètres de haut.

Il existe plusieurs espèces d’arbustes et de petits arbres dont le feuillage persistant cassera efficacement le souffle puissant du Mistral. Les pépiniéristes en proposent de nombreuses variétés à la vente. Mais comme toujours, vous devrez faire votre sélection pour ne garder que les espèces les plus rustiques. Car les plantes qui forment une haie doivent pouvoir survivre aux extrêmes.

Les plantes natives de Provence sont adaptées au Mistral et sont plus résistante à la déshydratation. Citons par exemple, l’olivier, le cyprès de Provence et le laurier tin. Mais l’on peut aussi planter des bambous dont le feuillage persistant permet de créer des écrans de verdure. En revanche, ces graminées géantes ont besoin d’un arrosage régulier durant l’été.

Choisir des plantes adaptées au climat méditerranéen

C’est une solution évidente et pourtant… De nos jours, les grandes enseignes du jardinage proposent une sélection de plantes quasiment identique du nord au sud et de l’ouest à l’est de l’hexagone. Ainsi, on retrouve dans les jardineries de Provence des plantes qui n’ont pratiquement aucune chance de survivre à leur premier hiver venteux.

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